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 Légendes sur les chevaux: le petit cheval d'or

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mordibus
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MessageSujet: Légendes sur les chevaux: le petit cheval d'or   Sam 19 Avr - 19:44

Au début du siècle, il était de coutume que dans chaque région circulaient des personnages, de porte en porte, sollicitant la charité au nom du partage chrétien. On nommait ces gens « quêteux ». Leurs déplacements s’effectuaient surtout en campagne, atteignant à travers champs et boisés les rangs voisins. De là débute notre légende.

Par une journée ensoleillée de printemps, un fermier travaillait à la réparation de ses clôtures, accompagné de son cheval avec sa charrette et de son ami fidèle de chaque jour, son chien Eddy.

Soudain, il crut entendre un bruit musical provenant de la forêt. « S’en doute le vent » s’imagina-t-il. En se rapprochant de la forêt, tout en exécutant ses travaux, le bruit se fit entendre à nouveau. Il nota que les oreilles de son chien s’étaient dressées et que son museau pointait en direction de la forêt; cela le convainquit que quelque chose d’étrange se passait dans les bois.

D’instinct, il s’y dirigea. Plus il avançait, plus s’alourdissait le son musical. Soudain, au pied d’un arbre, il découvrit un corps recouvert de vêtements déchirés qui semblaient aussi vieux que le visage du personnage.

S’agenouillant tout près, il l’appuya contre lui pour le soulever de terre, l’amena avec grande délicatesse, le déposa dans sa charrette. Puis il pressa son cheval afin d’atteindre rapidement son domicile pour étendre le vieillard dans un lit bien propre qu’il réservait à ses invités, pour le nourrir et lui prodiguer les soins nécessaires.

Quelques jours passèrent, et avec les bons bouillons de légumes chauds et les soins prodigués, notre personnage semblait revenir un peu à la vie.

Assez bien pour parler, il dit ceci: « Dieu vous a placé sur ma route, fermier, je l’en remercie et qu’il vous bénisse. Tout ce que vous coûtera pour moi nourriture et médicaments, écrivez-le sur un bout de papier; un jour, je vous rembourserai. » Le bon fermier lui dit: « Vous n’avez pas à vous inquiéter, ce que j’ai fait pour vous, je l’ai fait avec plaisir et j’en exigerai aucun paiement. » Le quêteux insista et dit: « Durant le sommeil de ma maladie, j’ai refait toutes les routes de mon existence, revu chaque visage qui m’a été charitable et, pour chacun d’eux, j’ai remis un cadeau qui, sans doute, provenait du Seigneur. Car moi, vous savez, je n’ai jamais rien possédé et, pour quitter cette terre en paix, je ne le pourrai que si j’ai acquitté toutes mes dettes. » Pensant qu’il avait des hallucinations, le fermier n’y accorda pas beaucoup d’attention.

Le quêteux, fouillant à l’intérieur de ses vêtements, sortit un objet puis levant un peu la main pour attirer l’attention du fermier, il lui dit: « Cette flûte est l’objet le plus précieux que je possède, c’est elle qui vous a conduit à moi, je vous la donne. » Puis, les yeux pleins de larmes et la voix un peu hésitante, il répliqua: « J’aurais une dernière faveur à vous demander: après ma mort, enterrez-moi dans votre boisé et recouvrez bien la fosse d’un mur de pierres afin que les animaux sauvages ne puissent creuser et dévorer mon corps. » « Ne pensez pas à mourir » lui répondit le brave fermier. « Pensez plutôt à prendre des forces afin de reprendre votre route. » Sur ces paroles, il s’éloigna du lit et quitta la chambre.

Le lendemain, au lever du jour, il découvrit le quêteux, les yeux dirigés vers le ciel. Touchant à ses mains jointes, elles étaient rigides et froides. « C’est terminé pour ce pauvre homme » se dit-il. Se souvenant de ses dernières volontés, il amena le corps dans le boisé, l’enterra et recouvrit le sol d’un lit de pierres; il planta un pieu et inscrivit sur une plaquette de bois: « Personnage inconnu. Qu’il repose en paix! ».

Quelques mois passèrent puis arriva la saison des récoltes. Par un matin un peu plus froid que d’habitude, le fermier entra dans son étable et eut la désagréable surprise de découvrir ses animaux presque tous malades, même son cheval dont l’effort était si essentiel pour l’accomplissement de ses travaux. Il fallait retourner la terre pour les labours, entrer le bois pour se chauffer ainsi que couper et entrer la moisson; sans lui, tout devint « péril ».

Espérant la coopération de ses voisins, il se rendit chez eux pour obtenir de l’aide; peine perdue, tous avaient grand besoin de leurs chevaux pour effectuer leurs propres travaux. Retournant chez lui, il aperçut, près de la route, ce qui semblait être un petit cheval naissant de couleur blonde. Il s’en approcha avec gentillesse et le cheval se laissa caresser. « Qu’est-ce qui t’arrive? Es-tu égaré? Où est ton maître? »

Ne sachant trop que faire, il reprit sa route mais, à sa grande surprise, le petit cheval le suivait. Rendu chez lui, il faisait presque nuit. N’écoutant que son grand cœur, le fermier plaça le petit cheval dans un « enclos » en sécurité. Il lui dit: « Demain, je vais faire la route avec toi et je vais essayer de retrouver ton maître. »

Le lendemain, dans le village, il commença ses recherches. Personne ne savait à qui pouvait appartenir ce charmant petit cheval, pas plus les villageois environnants que ses propres voisins ne pouvaient le renseigner. Personne n’avait perdu ou entendu dire que quelqu’un avait perdu un cheval. Il dut se résigner à retourner chez lui et ce, toujours accompagné par le petit cheval qui semblait peu inquiet de la situation mais, au contraire, de bien s’y plaire.

Au matin, lorsqu’il reprit ses travaux, le petit cheval était non loin de lui et semblait vouloir l’aider; près de la charrette, il donnait l’impression de vouloir la déplacer. Dans son obstination et par ses mouvements, le fermier, comme pour lui faire plaisir, décida de lui faire un harnais et de l’atteler à la voiture. Il fut surpris de la facilité avec laquelle il se déplaçait, se dirigeant même vers les champs de moisson comme pour indiquer qu’il voulait participer à la récupération de cette dernière. Il plaça, au début, de petites charges. Il constata vite la force et la robustesse de ce petit animal qui semblait, au premier regard, si fragile. Des charges de grains on passa aux charges de jardinage puis à celles de bois. Il tenta même l’expérience avec la charrue; pas de problème, il tira cette dernière avec facilité et, qui plus est, la fatigue ne semblait jamais l’atteindre.

Avec la tombée des premières neiges, il était coutume pour monsieur le Curé de faire une visite paroissiale chez chaque citoyen. Avec la gentillesse et l’honneur réservés à ce dernier, le fermier l’accueillit. Il lui fit part de son inquiétude et des événements qui s’étaient produits récemment chez lui. L’histoire du quêteux ne surprit pas monsieur le Curé connaissant les largesses de cœur du fermier, mais la situation du petit cheval demeurait une énigme.

À la demande du fermier, il s’était rendu bénir, une dernière fois, le lieu de repos éternel du quêteux.

De retour dans la demeure du fermier, il enleva son chapeau pour le placer sur une tablette et c’est alors qu’il aperçut une flûte. « Tu ne m’avais jamais fait mention que tu jouais de cet instrument » lui dit le Curé et, par curiosité, déplaça la flûte avec sa main pour l’examiner. Il y sortit un papier qui tomba par terre. Le ramassant, le fermier mentionna ceci: « Cette flûte est cadeau du quêteux et ce papier est une sorte de facture puisqu’il voulait que je totalise la nourriture et les médicaments que coûterait sa présence chez moi. Il m’avait dit qu’il me paierait pour tout, mais moi, je lui avais répondu qu’il n’avait pas à le faire. » Le Curé s’exclama: « Ça y est maintenant. Je comprends la présence du petit cheval. C’est le quêteux. Il est revenu sur terre sous cette forme pour te rembourser et te remercier d’avoir exaucé ses derniers vœux. Maintenant, tu dois le libérer. Brûle ce papier et viens avec moi à l’étable. » Le fermier, sans trop comprendre, s’exécuta. Il jeta le papier dans le poêle à bois. Il s’enflamma rapidement, puis le fermier revêtit son manteau et se dirigea à l’étable avec le Curé.

À sa grande surprise, le petit cheval n’était plus là. « Mais où est-il passé? »
demanda-t-il au Curé. Ce dernier lui répondit: « Il est retourné là où il n’alla jamais et, maintenant, ayant d’une façon miraculeuse remboursé sa dette envers toi, le quêteux va, pour de bon, dormir et reposer en paix, à jamais.

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La vie est trop courte pour la prendre au sérieux.
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